L’HISTOIRE DU CHAMPIONNAT DE MONTRÉAL
Le Championnat ouvert de Montréal 2009 aura lieu du 11 au 13 septembre 2009. Visitez notre site au www.championnatdemontreal.mine.nu ou cliquez sur notre logo au haut de cet écran.
Selon les archives de monsieur Hugh Brodie, le premier Championnat officiel de Montréal remonterait à l’année 1923. Trois ans auparavant il y avait bien eu une tentative, mais elle n’avait rassemblé que six concurrents. « L’absence de forts joueurs est regrettable », écrivit Lorenzo Prince dans sa chronique d’échecs de La Presse. Le tournoi fut discrètement arrêté après la deuxième ronde. En 1923, donc, pour la toute première fois douze joueurs de disputèrent le titre dans un tournoi à la ronde. H. Rombach (9½-1½) en sortit vainqueur.
Pendant la première moitié du XXème siècle les championnats ont adopté la formule rotation, à raison d’une partie par semaine. Les champions de l’époque devaient ferrailler pendant une bonne dizaine de parties et même davantage sur plusieurs mois avant de pouvoir réclamer le titre. Avec la montée en popularité des tournois suisses, les championnats en sont graduellement venu à se décider sur cinq ou six parties seulement, le temps d’une fin de semaine.
Il n’est pas toujours clair s’il s’agissait d’un Championnat ouvert ou sur invitation seulement. Certaines années, l’une et l’autre formule ont eu lieu à quelques mois d’intervalle. Certains Championnats invitation comprenaient en fait plusieurs sections de jeu indépendantes et il apparaît que les joueurs étaient dirigés plus ou moins obligatoirement vers la section correspondant à leur calibre. En 1950, par exemple, le Club d’échecs de Montréal organisa un grand tournoi préliminaire, ouvert à tous, dans le but de qualifier les trois premiers à la section forte du Championnat de la ville.
Formule suisse ou rotation, tournoi ouvert ou invitation, rares furent les championnats qui ne comportèrent qu’une seule section de jeu. On trouve dans les archives des noms qui étaient utilisés à l’époque : Premier ou Major, Challenger, Reserve, Juvenile et même « Minor » qui devait être dur pour l’ego ! On était loin des prosaïques Sections A, B, C…
En 1938 un club féminin, « le Cercle Fémina », vit le jour. Avec ses tournois de championnat interne à chaque année, il fut suffisamment dynamique pour qu’on songe à instaurer un tournoi distinct de Championnat féminin pour Montréal à partir de 1949. Ils eurent lieu de 1949 à 1952, puis l’activité cessa avant de connaître un dernier sursaut de vie en 1964 et 1966.
L’année 1954 marqua le lancement de pas moins de trois différents tournois de championnat ! Tout d’abord, un premier tournoi se mit en branle au mois de février avec 22 joueurs ; il se termina en mai 1954 avec la victoire de monsieur Heinz Matthai (8½-1½). Puis, en novembre Lionel Joyner remporta le championnat « Ouvert » (7½-1½). Avant que le mois ne se termine on lança un nouveau tournoi invitation assorti du règlement suivant : tous les résidents de l’île de Montréal étaient admissibles sous réserve d’approbation par un Comité de sélection. Ce tournoi rotation à seize participants devait confirmer à nouveau la suprématie de monsieur Matthai (12-3), mais il fallu attendre pour cela jusqu’au mois de mai de l’année suivante.
LE RECORD
Le plus titré des champions de Montréal est le Grand Maître Montréalais Kevin Spraggett, maintenant installé au Portugal. Il l’a remporté huit fois, seul ou avec d’autres : de 1973 à 1976 inclusivement, 1979 (deux fois la même année), 1982 et 1986.
Suivent assez loin derrière avec cinq titres messieurs Boris Blumin, Maurice Fox, Jean Hébert, Lionel Joyner, Klaus Pohl et Laszlo Witt. De ces poursuivants, seul le Maître international Jean Hébert est toujours actif au Québec. Klaus Pohl vit maintenant en Caroline du Sud, où il joue encore à l’occasion et les autres sont décédés.
Dommage qu’on ne puisse identifier LE champion à chaque année. La pratique de diviser les prix en argent en cas d’égalité laisse parfois dans l’ombre la question de savoir qui a été le plus méritant parmi les meneurs. Les archives ont réussi à documenter deux cas seulement de bris d’égalité. En 1933 on procéda à un match pour briser l’impasse à 12-2 entre Boris Blumin et Louis Richard. Monsieur Blumin gagna le match 3½ - 2½. Puis, en 1960 Ireneus Suchorski l’emporta de justesse au bris d’égalité devant Noel Williams et Nicolas Engalicev ; cependant on ne connaît pas le moyen qui fut utilisé.
En ce qui concerne le Championnat de Montréal 2009, s’il y a égalité en première place de la Section A le Champion sera déterminé de la manière suivante, dans l’ordre : (1) duel (2) score cumulatif (3) Solkoff (4) le plus de Noirs.
Duel
Si l’égalité implique deux joueurs seulement, que ces deux joueurs ont joué l’un contre l’autre durant le tournoi et que le résultat ne fut pas nul, le gagnant de cette partie sera sacré champion. Cette méthode est rarement applicable à une égalité entre trois joueurs, car elle requiert qu’ils aient tous joué les uns contre les autres ; il faudrait de plus que les résultats de ces parties soient vraiment déterminants (si A a gagné contre B qui a gagné contre C qui a gagné contre A on ne peut pas trancher).
Score cumulatif
C’est la somme des scores progressifs du joueur, ronde par ronde. Plus on gagne tôt dans le tournoi, plus on rencontre une forte opposition et par conséquent plus le rang final est méritoire. Deux joueurs qui finissent à égalité 4-1, l’un ayant perdu en première ronde et l’autre en cinquième ronde marqueront, dans le premier cas, 0+1+2+3+4 = 10 points de bris et dans le second cas 1+2+3+4+4 = 14. Le plus haut score remporte le titre.
Solkoff
C’est la somme des scores finaux des adversaires rencontrés. Pour chaque partie non jouée par un adversaire rencontré, quelle qu’en soit la raison (repos, forfait, abandon du tournoi), cet adversaire est réputé avoir fait nulle contre lui-même. La plus grande somme identifie le gagnant.
Le plus de Noirs
Le joueur ayant eu les Noirs le plus grand nombre de fois est proclamé champion.
Avant de terminer ce bref survol, mentionnons qu’il y eut certaines années des Championnats de Montréal officiels en parties rapides (de 1949 jusque dans les années ’70 avec quelques interruptions), ainsi que quelques rares Championnats Élimination (en 1956, 1957 et 1965 – dès qu’un joueur perdait il ne faisait plus partie de la ronde suivante). Les premiers tournois de parties rapides se jouaient au gong, à dix secondes d’intervalle. Les gagnants de ces tournois ne sont pas répertoriés dans le tableau qui clôt cet article.
LISTE DES CHAMPIONS DE MONTRÉAL
Voici la meilleure reconstitution que nous avons pu faire des hauts faits d’arme des champions passés de Montréal.
| Année | Champion | Participants |
| 1923 | H. Rombach (9½-1½) | 12 |
| 1924 | Dudley M. LeDain (7½-1½) | 10 |
| 1925 | Léopold Blanchard | 21 |
| 1926 | Alexis Cartier (8-3) trophée La Presse | 46 |
| 1927 | B. W. Moncur | ? |
| 1928 | Maurice Fox (9-1) | plus de 11 |
| 1929 | Maurice Fox (5½-½) | 15 |
| 1930 | M. Dardel (9-1) | 30 |
| 1931 | ----- aucun renseignement disponible ----- | |
| 1932 | Louis Richard (12½-1½) | plus de 15 |
| 1933 | Boris Blumin (12-2, après match de départage) | 41 |
| 1934 | Boris Blumin (12½-1½) | 16 |
| 1935 | Maurice Fox (15-0) | 47 |
| 1936 | Boris Blumin (13-1) | 15 |
| 1937 | Boris Blumin (13-1) | plus de 16 |
| 1938 | A. Weiner (6½-1½) | 11 |
| 1939 | Boris Blumin (7½-1½) | plus de 12 |
| 1940 | Joseph Rauch | ? |
| 1941 | Joseph Rauch (4½-½) | 10 |
| 1942 | Joseph Rauch trophée la Patrie | 10 |
| 1943 | Charles Smith (7-2) | ? |
| 1944-6 | ----- Aucun tournoi ----- | |
| 1947 | J. Rauch, W. Tannenbaum | 36 |
| 1948 | Maurice Fox (14-2) | 65 |
| 1949 | Maurice Fox (12-2) / Firma Bone (4-1) championne féminine | 65 / 5 |
| 1950 | Ignas Zalys (12½-2½) / Firma Bone (6-1) championne féminine | 16 / 8 |
| 1951 | M. Cohen (12½-1½) / Firma Bone (4-0) championne féminine | 15 / 5 |
| 1952 | N. Williams (11½-1½) / Doris Robertson (4-0) champ. féminine | 46 / 5 |
| 1953 | N. Williams (12-4) | 19 |
| 1954 | Heinz Matthai (8½-1½) ; Lionel Joyner (« Ouvert », 7½-1½) | 22 ; ? |
| 1955 | H. Matthai (12-3) ; J. Engel, Dudley M. LeDain (« Ouvert »,7-1) | 16 ; 28 |
| 1956 | Lionel Joyner (17-0) | 18 |
| 1957 | Lionel Joyner (18½-½) | 20 |
| 1958 | Allan Reither (10-2) | 80 |
| 1959 | Lionel Joyner (9½-½) ; Lionel Joyner (« Ouvert », 11-3) | 104 |
| 1960 | Ron Hirsh ; Ireneus Suchorski (« Ouvert », sur bris d’égalité) | 22 ; 68 |
| 1961 | Ignas Zalys (6½-1½) ; Laszlo Witt (« Ouvert », 10½-1½) | 40 ; 54 |
| 1962 | Emil Schlosser, Laszlo Witt (9-2) | 54 |
| 1963 | Heinz Matthai (9-1) | 48 |
| 1964 | Gerry Rubin (9-2) ; Susan Prokopenko (7-0) championne féminine | 44 ; 8 |
| 1965 | Laszlo Witt (9½-1½) | 62 |
| 1966 | L. Witt (10-0); A. Michaely (« Ouvert »,7-1); S. Prokopenko (5½-½) | 58 ; 67 ; 7 |
| 1967 | Jacques Fontaine (7-1) ; Klaus Pohl, Gerry Rubin (« Ouvert »,7-1) | 25+ ; 46 |
| 1968 | Klaus Pohl (5½-1½) ; Klaus Pohl (« Ouvert », 7-1) | 104 ; 59 |
| 1969 | Klaus Pohl (6-2) ; Klaus Pohl (« Ouvert », 7½-½) | 57 ; 29 |
| 1970 | Jack Gersho, Gilles Brodeur (6-2) | 23 |
| 1971 | Adrian Michaely | 58 |
| 1972 | Edward Formanek | 222 |
| 1973 | Kevin Spraggett, Leo Williams (6-0) | 270 |
| 1974 | Kevin Spraggett (5½-½) | 198 |
| 1975 | Delva-Kafadarow-Grant & K Spraggett-Vardi, Wihl, Williams (5-1) | 310 |
| 1976 | Kevin Spraggett (5½-½) | 255 |
| 1977 | Bill Goichberg (5½-½) | 292 |
| 1978 | Camille Coudari (5½-½) | 273 |
| 1979 | K. Spraggett, L. Witt (5½-2½) ; K. Spraggett (« Ouvert », 5½-½) | 16 ; 258 |
| 1980 | George Levtchouk, Jean-Jacques Rousseau | 265 |
| 1981 | Jean Hébert | 137 |
| 1982 | J. Hébert, K. Spraggett, J-J Rousseau, R. Billyard | 204 |
| 1983 | Anthony Ibrahim | 121 |
| 1984 | Jean Hébert | 158 |
| 1985 | Kiril Georgiev | 175 |
| 1986 | Kevin Spraggett | 142 |
| 1987 | Igor Ivanov | 129 |
| 1988 | Sylvain Barbeau, Steve Bolduc, Stéphane Dupuis | 162 |
| 1989 | Jean Hébert | 189 |
| 1990 | Barbeau, M. Cazelais, T.N. Duong, A. Gaudreau, Hébert, Léveillé | 166 |
| 1991 | Sylvain Barbeau, Jeff Reeve | 175 |
| 1992 | Alexandre Lesiège | 199 |
| 1993 | Jeff Reeve, Jose Abreu Cordero | 219 |
| 1994 | Alexandre Lesiège, G. Levtchouk | 192 |
| 1995 | Alexandre Lesiège, Oleg Linskiy | 177 |
| 1996 | Oleg Linskiy, Robin Girard | 110 |
| 1997 | S. Fillion, M. Gagnon, Girard, M. Khassanov,Lesiège, N. Rashev | 164 |
| 1998 | Martial Larochelle | 179 |
| 1999 | Jeff Reeve | 186 |
| 2000 | Oleg Linskiy, Goran Mikanovic | 152 |
| 2001 | Lefong Hua, Oleg Linskiy | 132 |
| 2002 | Michel Gagnon, Igor Ivanov, Michael Schleifer | 137 |
| 2003 | Steve Bolduc, Alexandre Lesiège | 125 |
| 2004-7 | ----- aucun tournoi ----- | |
| 2008 | S. Barbeau, R. Chabot, M. Larochelle, H. Massé, A. Rainfray | 126 |
| 2009 | ? | ? |


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